Dire qu’il y a quelques mois, je me réveillais avec cette vocation, ce feu brulant au fond de moi, j’avais trouvé ma voie, j’allais préparer le Capes d’anglais (c’était avant les panini, mais je digresse).
Finalement, les premiers mois se sont bien déroulés. Je me suis tapé Marine, Pauline, Dorothée, Pierre (j’étais bourré), Séverine… Je me sentais bien. Si j’avais eu peur que Nathalie me casse un peu les pieds et soit trop exclusive il n’en a rien été, au contraire –cette gourgandine m’a complètement zappé– elle s’est vite fait son petit groupe d’amies fusionnelles qui lisent Public en cours et ne comprennent pas pourquoi Jane Eyre s’habille toujours en gris foncé ou en noir dans le film alors que ça ne lui va CLAIREMENT pas au teint.
Finalement, je me suis moi aussi trouvé un petit groupe sympa (Julie l’érotomane complexée, François le roots, Karine qui descend la bière plus rapidement qu’aucun mec, Pierre qui apprend la guitare (je sais : j’avais toujours dit que je mépriserais éternellement toute personne commençant une conversation par “hey écoute, je peux faire nirvana, tu reconnais ?”), et puis encore Arthur le communiste (LOL), Martha l’Américaine, Rachel la catho coincée, Pélagie la catho qui rote, qui pète et qui rit fort, et puis aussi Antoine, le petit Chinois inutile mais qui nous suit tout le temps (je n’ai jamais su qui l’invitait aux soirées !), etc…) : comme vous le voyez, j’étais dans un petit groupe haut en couleurs, et aussi diversifié qu’une affiche pour Beznetton (on n’a jamais suffisamment de faire-valoirs).
Finalement, les mois suivants on été un peu tendus quand Marine a su que je m’étais tapé Pauline, que Dorothée a su que je m’étais tapé Séverine, et que Séverine a su que je m’étais tapé Pierre (alors qu’elle aurait trop aimé regarder). Les rapports se sont un peu envenimés, chacune à un coin de salle différent (oui, il n’y avait pas assez de coins dans les salles), je devais jongler entre les susceptibilités, il y en avait toujours une ou deux à faire la gueule, “t’as vu comment t’as traité Pauline ?”, “Séverine c’est qu’une trainée, mais quand je pense que tu as fait ça à Dorothée !”… Je n’avais pas l’habitude des environnements féminins, auparavant, et il faut bien avouer que ce n’est pas DU TOUT un paradis…
Heureusement, je me suis concentré sur mes cours, et j’ai vite compris le principe de la dissertation et du commentaire de texte.
Finalement, hier, c’était les résultats des écrits (vous vous souvenez ? ici et là ?). On s’est donc tous retrouvés chez Pierre, à 8 heures environ pour prendre un petit déjeuner et attendre les résultats.
Messieurs Dames, je suis ADMISSIBLE !!!
Ce que je ne comprends pas, c’est POURQUOI ils nous punissent en nous faisant passer les oraux à LILLE ?!?!?! Qu’est ce qu’on va se perdre là-bas ??? C’est la merde.
Bon, je sais, il faudrait que je vous parle d’autre chose, mais je crois que je commence à être contaminé.
Quoi de neuf alors ? Il s’avère que Potiron m’aime vraiment bien, et les extras sont devenus quotidiens, je chauffe donc les panini tous les jours depuis deux semaines maintenant. Mes doigts vont chercher les sandwiches sans même un regard vers leurs emplacement, je connais la place de chacun d’eux, je connais le temps de cuisson pour chacun (quand ça fume, c’est que j’ai laissé trop longtemps). Je suis devenu complètement adapté à mon environnement.
A la sandwicherie, on a une importante clientèle étudiante. Pas n’importe lesquels. Notre sandwicherie propose ses produits avec les prix les plus chers du quartier. On ne justifie pas ça par la qualité (parce que ce n’est pas non plus à se taper le cul par terre et gémissant de plaisir à chaque bouchée) mais par le fait que le vendeur (moi) porte une cravate et est extrêmement beau (c’est un poste plein de responsabilités, au final). Par conséquent, les étudiants sont presque tous des étudiants de droit. Je vais avouer ici quelque chose. Les étudiants de droit sont très gentils, très agréables, ne se plaignent jamais, même quand on les oublie (“pas de problème, je vais attendre encore quelques minutes”). C’est même un peu dommage. J’aime bien être condescendant, en général, être sarcastique, faire des réflexions désagréables, et tout et tout, je ne suis pas parisien pour rien, et là, dramatiquement, aucune possibilité d’être une enflure. Heureusement, il reste les touristes italiens, mais c’est presque trop facile, ils ne comprennent rien à rien.
Je me suis quand même vachement marré ces derniers jours, parce que j’étais très malade, et du coup, ça m’amusait de tousser sur les sandwiches et les panini avant que les étudiants n’arrivent pour se sustenter (ils sont stressées en ce moment, c’est bientôt les examens (encore plus drôle de cracher ses bronches)). Je vous dirais bien que je ne me lave pas les mains après être allé aux toilettes avant de les vendre, mais bon, je ne tromperai personne, tout le monde sait que je ne vais pas aux toilettes…
Quid donc de l’ambiance entre collègues ? EXCELLENTE !
Potiron a une mémoire calquée sur les poissons, et tous les deux jours, il me demande donc si j’aime le football. “Non”, je lui réponds, alors il dit “ah”, quoi que je lui dise ensuite, il a déjà oublié qu’il m’a adressé la parole et ne m’entend pas. Il se replonge dans sa lecture du Parisien et oublie même ma présence. C’est dommage, parce que parfois, j’ai l’impression qu’il me regarde un peu dans le genre “il me rappelle moi à son âge” (j’attends qu’il soit parti pour faire mes conneries), ce qui a un côté EXTREMEMENT angoissant.
Il y a un autre employé, un Indien, qui est génial. Je me demande si cela a à voir avec le fait qu’il ne sache pas parler français. Il nous comprend bien, et comprend aussi l’anglais, l’allemand, l’espagnol, et un peu le russe (ça force le respect), mais pourtant, il a beaucoup de difficultés à communiquer. La barrière de la langue n’est cependant pas fatale pour une bonne relation de travail. Et je n’apprécie jamais autant les jours où on travaille juste lui et moi. Il est incroyablement rapide et efficace. Je n’ai pas le temps de commencer quelque chose, qu’il m’arrête, me dit “non, moi, laisser, laisser”, il me prend mon ouvrage, et va 3 fois plus vite que le temps que cela m’aurait pris en m’excitant comme un malade. Il adore travailler, et fait tout super bien, donc j’ai décidé de le laisser gérer, et je me pose en général avec le Parisien de Potiron de la veille et le lis tranquillement avec un café. J’essaie de le déranger le moins possible, je l’encourage, et ensuite le félicite. On forme une bonne équipe.
Sinon, les résultats des écrits du capes sont après demain… Vais-je donc être professeur,ou me résigner à vendre des panini toute ma vie ?
Haaa la vie d’étudiant… les cafés, les pots, les bouffes entre amis, les soirées arrosées, c’est le paradis. Y compris pour ma banque. frais de découverts par ci, agios par là, prenez donc un crédit revolving pour que ça vous coûte moins d’agios…
Du coup, je me suis mis sérieusement à chercher du travail. J’ai imprimé 5 CV et je suis sorti. En allant au sport, ce soir-là, je passe devant une échoppe avec une petite affichette : “recherche personne sérieuse, dynamique et motivée”.
Il y avait de la lumière, je suis donc entré dans la sandwicherie spécialisée en panini. Potiron, le patron, m’a proposé de faire un essai. Potiron est quelqu’un d’adorable, il vend panini, il vit panini, il est panini. Le premier jour, Potiron m’a prodigué de nombreux conseils. “Le panini aubergine, tu vois, il chauffe beaucoup plus vite que les autres”. “Fais attention aux paninis au fromage, précise aux clients qu’ils sont brûlants”, le panini à la roquette, tu ne le passes pas sur la plaque, on le fait juste chauffer, voilà, comme cela”. Il y a une façon de les mettre dans leur emballage en papier, un sens, aussi, et on place la serviette comme ceci, et on “n’hésite pas à en mettre deux pour les paninis à la mozarella-qui-sont-brûlants”. Potiron a le feu du panini divin qui brûle en lui.
Potiron fut enchanté de cet essai. “Alors, Alexandre, qu’est ce que tu en as pensé toi, dis moi ?” Pour la première fois, j’ai décidé d’être complètement honnête après une première journée (de trois heures) de travail.
“- Ben écoute, Potiron, je vais être honnête avec toi, c’est loin d’être le job de ma vie, tu t’en doutes.” Là, je dois admettre qu’il a eu l’air un peu scotché. Il s’est justifié de suite. “-Oui, je me doute bien que ce n’est pas ton plan de carrière, mais tu vois je recherche quelqu’un d’occasionnel, ces temps ci, et qui pourra être prêt pour l’été, les mois de juillet-août”.
J’ai continué à scier la branche.
“- Ecoute Potiron, (je trouve cela génial de répéter systématiquement le prénom de la personne à qui tu t’adresses quand tu lui parles), c’est très flatteur ce que tu me dis, mais bon, je ne vais rien te promettre. Tu es le premier CV que je viens de déposer, et SI je décide de travailler cet été, je pense que je postulerai ailleurs”
“Je comprends,” me dit-il, “mais bon, je cherche avant tout quelqu’un pour cet été.”
Il m’a donc proposé de venir faire des extras quand il aurait besoin de moi.
Et voilà comment j’en suis venu à vendre des panini sous le manteau (et à me brûler le bras sur la plaque, aussi. Mais est ce bien la peine ? Je ne suis pas un panini !!).
Parce que vous en avez marre de regarder toujours les mêmes histoiores, vous aimerez ce film dont voilà la bande annonce.
Tamura est un employé tout ce qu’il y a de plus normal (à part le fait qu’il ne soit pas humain), jusqu’au jour où sa vie bascule. Sa petite amie Yoko est retrouvée morte. Il est aussitôt suspecté, mais jure qu’il l’aimait et qu’il n’a pas fait le coup. L’enquête sera difficile. Et pourquoi a-t-il ces trous noirs, dans sa mémoire ? L’aurait il tuée, finalement ? Vous le saurez en regardant “Executive Koala”
Ca fait une semaine que je cherche ma carte cinéma. Nulle part, encore perdue. Je me suis donc dit qu’il était temps de ranger mon appartement.
Ce dessin n’est pas vraiment représentatif. Les vêtements sont en réalité un peu plus éparpillés, il y a plus de livres, de classeurs et de papiers par terre également. Et puis j’ai remplacé les bouteilles en verre par des bouteilles en plastique pour ne pas faire de publicité pour l’alcool (à consommer avec modération). Enfin c’est quand même le foutoir, mais juste des petites choses qui seraient hyper rapides à faire si je prenais le temps. (en dessin, ça n’aurait ressemblé à rien, j’ai dû adapter)
Est-ce ma faute, si pour commencer à ranger mon appartement, j’ai tendance à commencer par l’ordinateur (supprimer les fichiers inutiles, renommer les dossiers, trouver les illustrations d’albums pour itunes, etc…).
Bref, ce n’est qu’au 3 ème jour de ménage que j’ai regardé dans les vêtements au sol, entre les pages de mes livres, entre les feuilles volantes qui me servent de “cours” (hum hum), sous l’imprimante, dans le lit dans le placard de la cuisine, etc… (on ne sait jamais où il peut me venir l’idée de poser quelque chose qui traîne dans ma poche et qui n’a pas de place précise et définie).
Finalement, pas de carte, j’ai donc été au cinéma où je l’ai utilisée la dernière fois “bonjour, je suis quasiment certain d’avoir perdu ma carte dans votre cinéma il y a 5 jours !” (si tu dis “je crois que je l’ai perdue, ils vérifient pas, ils préfèrent que tu paies le renouvellement du morceau de plastique). Mais ils avaient rien.
Deux jours que je désespérais (je me voyais déjà ne pas pouvoir aller voir Wolverine, atroce). Et puis là, alors que je mettais le linge dans ma machine, je fais les poches d’un jean : ” Waouh !!! ma carte UGC !!!”.