3ème cas de grippe A
isolé, mais toujours pas de propagation.
Au rochain qui tousse dans ma classe, j’organise une “kiss in” party.
blog d'un intellectuel de l'EducNat'
isolé, mais toujours pas de propagation.
Au rochain qui tousse dans ma classe, j’organise une “kiss in” party.
“Tournez manège” commence ce soir, donc je dois mettre fin à mon boycott…
Entre la mort de Patrick Swayze, celle de Filip Nicolik, la tumeur bénine de Johnny Hallyday et la défaite de Cindy dans Secret Story, c’est décidé, j’arrête de regarder la télé ! C’est bien trop angoissant.
et en fait, c’est pas si mal.
A dire vrai, j’avais même oublié comme les lycéens, sous leurs airs de faire les cyniques qui rejettent tout (“les profs c’est tous des cons, de toute façon, et le bac, ça sert à rien, et mes parents, ils me comprennent pas….”), en réalité, ce sont des petits fayots.
Et vas y que je t’attends à la fin de l’heure pendant que tu ranges tes affaires pour te poser des questions sur le cours (ou pas) : “Monsieur Bernique, est ce qu’on pourra travailler sur des chansons de Akon ?” “Monsieur, vous êtes allé souvent aux Etats Unis ?” “M’sieur Bernique, vous êtes célibataire ?” (+ gloussements)
Le lycéen ne lèvera jamais la main pour répondre à une question de cours, mais demandez lui un stylo (j’avais oublié ma trousse) ou un mouchoir (quelqu’un avait mangé la brosse du tableau), et vous avez 12 farfouillements de trousses, de cartables et de poches pour essayer de me faire plaisir et essayer de gagner ma symptahie pour pas que je les saque en note de participation.
Pour les points négatifs, c’est très difficile pour moi de paraître sérieux et crédible 55 minutes d’affilée (en fait j’y arrive pas). A plus forte raison quand je corrige les exercices et qu’en fait, je ne trouve pas la réponse… Mais je ne perds jamais la face, je fais toujours genre “tiens, j’ai l’impression que le éditeurs ont fait une boulette, ça veut rien dire ce mot, ça n’existe pas “hunch”, ils ont dû faire une coquille pour “lunch”, donc “I got a hunch that it would be sunny today”, ça veut dire à peu près (je ne suis pas traducteur professionnel, soyons clairs) : “j’ai déjeuné, qu’il faisait beau aujourd’hui !”.
si quelqu’un m’invite pour spotify.
1er cas de grippe A déclaré au lycée, youhouhou !!!!!
Faites péter le champomy !!!
bon, il est temps d’enf finir avec cette première journée, non, histoire que je vous parle enfin des nouvelles générations, tout ça…
Alors donc, pour finir la journée, on s’est retrouvée en équipes de matières. Ma tutrice, Pervenche, a 53 ans et a été déçue en me voyant : “J’ai pourtant précisé à l’IUFM que je voulais uniquement des stagiaires filles… vous les hommes vous êtes tous persuadés d’être les meilleurs sous prétexte que vous avez une bite à la place d’un cerveau”. Je vais vous avouer, je n’ai pas trop su quoi répondre… Alors j’ai dit la première chose qui m’est passée par la tête : “ouais, bah si 2000 années de notre ère n’ont pas permis aux femmes de gagner leur égalité, c’est peut être qu’il y a une raison, pauv’cloche”. Elle n’a pas du tout compris l’humour, figurez vous.
Elle veut plus s’occuper de moi et est partie téléphoner pour demander à ce que je trouve quelqu’un d’autre.
Ensuite, Pervenche a demandé à Marylène et Francesca des nouvelles de leurs enfants, et de leurs petits enfants… Je me suis cru à une réunion Tupperware.
De l’autre côté de la salle, Yvan demandait à Rosalie ce qu’elle pensait des nouveautés de la rentrée littéraire. Je ne me suis bizarrement pas intégré à leur conversation (le dernier ouvrage que j’ai lu, c’est le nouveau catalogue Ikea).
Alors je me suis joint aux jeunes (hemhem), Francis et Sandra (39 et 32 ans) qui putaient sur les réunions précédentes. Mais quand je me suis approché pour mieux entendre, ils ont d’abord arrêté de parler avant de se raconter leurs vacances en Floride et à Londres.
Je me suis donc senti super accueilli dans ma nouvelle équipe.
A 15h30, Sandra a tapé dans ses mains et pris la parole : “bon, dans une demie heure on peut enfin partir, on s’occupe des formalités alors, avant ?”.
Alors pendant 30 minutes, ils ont conclu qu’il n’y avait pas assez de lecteurs CD pour les cours, et ils se sont questionné sur qui allait graver les CD du manuel. Personne ne savait faire, mais finalement, à 15h58, Francis a pris les CD en disant “bon, je m’en occuperai”, tout le monde a mis son manteau et on est parti….
A la fin de cette journée, je ne savais pas diantre ce que j’allais faire pour mes premières heures de cours…
De très nombreux mails encore cette semaine (environ 600 par jour (ah, faut pas compter les spams ? euh… ben un tout p’tit peu moins alors)) et une question qui revient assez régulièrement :
“Alexandre…[je vous passe le poème, les cadeaux proposés, et toutes ces choses si touchantes] puis-je te rajouter à mes contacts ?”
Chères et chers tous.
Oui, bien sûr, vous pouvez me rajouter à vos contacts. Je ne suis pas quelqu’un d’inaccessible. Je suis votre ami, votre fantasme, votre petit bonhomme en mousse. Je suis disponible pour chacun de mes lecteurs.
Enfin, tant que je suis pas encore trop grave populaire, parce qu’à mon avis, d’ici quelques semaines, je serai invité chez Caué, dans la nouvelle ferme célébrité, je sortirai un duo avec Mimi Mathy pour une oeuvre caritative et je serai poursuivi par les paparrazzi de la presse à scandale qui me prêteront des aventures avec Carla Bruni, Sheryfa Luna ou bien Zac Efron. Et alors là, croyez moi, je n’aurai plus le temps pour vous, des secrétaires répondront des réponses toutes faites à vos mails, et je vous ferai des clins d’oeil lors des mes sorties acclamées à Cannes en répétant cette banalité que “je n’oublie pas mes premiers fans, ceux là même qui m’ont soutenu quand personne d’autre ne croyait en moi”.
Bref, si vous voulez m’ajouter à vos contacts, c’est un peu le moment (après, mon compte facebook sera sous traité et ce sera un petit Chinois qui vous répondra pour 27 centimes par mois)
Il est 14h, je vais à la salle des profs en essayant de trouver mes collègues d’anglais. Personne. J’attends en me familiarisant avec le matériel mis à disposition (ma nouvelle meilleure amie : la MACHINE A CAFE), et c’est alors que je vois un petit groupe entrer. Tous les nouveaux profs ensemble, piaillant gaiement (même la petite mignonne d’Italien, je ne peux m’empêcher de penser à Eluise). “Bah alors”, elle me sort, “justement, pourquoi tu es pas venu pour la visite et la bienvenue aux nouveaux ?”. Je me sens con. J’aurais pu échapper aux syndicalistes si j’avais lu mon programme. Je lui dis, avec un petit regard coquin, pour ne pas perdre la face “euh, c’est pour que tu me fasses la visite en tête à tête, comme ça, je pourrai t’inviter à prendre un verre après le lycée”.
“…Après le lycée” ????? Mais comment ai-je pu sortir un truc aussi con ? Océane (c’est son nom) se retourne vers la nouvelle prof de musique, la petite Chantal, et elles se mettent à glousser avant de s’eclipser dans une autre salle. Je me retrouve planté là, mon gobelet à la main, et un pseudo-bellâtre (nouveau – EPS) (bellâtre parce qu’il fait 10 cm de plus que moi, qu’il a les yeux bleus, des fossettes et les pectoraux qui sont prêts à exploser hors de la chemise comme un iphone à une oreille innocente…. pffff branleur), qui a assisté à le scène, me fait un clin d’oeil en me disant “cherche même pas, elle est pour moi”. “C’est ce qu’on verra”, je lui ai dit (j’ai rien trouvé de mieux, sur le moment).
Non mais sincèrement… Nous ne sommes pas les nouveaux profs, nous redevenons des lycéens (les boutons en moins, et le salaire en plus). Je ronge mon frein tandis que Etienne (nouveau – Maths) et Coralie (nouvelle – grec ancien (oui, je sais, moi aussi je me suis foutu de sa gueule)) cherchent à me connaître. Finalement, eux, ils sont cools, je pense qu’on sera pote.
13h45 : réunion dans la grande salle. La nervosité devient palpable, tout le monde se regarde en biais, les murmures embuent l’atmosphère. Des cartons sont ramenés sur les grandes table à l’avant. Les profs les regardent un peu comme s’il s’agissait de l’Arche d’Alliance. Je me tourne vers Etienne (“tu sais ce que c’est ?”). Il me répond (“oui, normalement, c’est maintenant qu’ils donnent les emplois du temps”).
La proviseure monte sur l’estrade, prend son micro, un silence de mort bien inquiétant s’installe.
“Mesdames, messieurs, les pochettes contenant vos emplois du temps sont rangées par ordre alphabétique. Je vous demanderai d’être calmes, et de venir les récupérer les uns après les autres, dans la courtoisie et la bonne humeur”.
Elle sort un truc de sa poche. Les regards la fixent. On entendrait les coeurs battre. C’est un mouchoir. Elle tend le bras. Le laisse tomber. Il glisse doucement, doucement*. Il touche enfin le sol.
TCHERNOBYL.
Les gens se ruent comme des sauvages sur les cartons. Même les profs presque à la retraite sont aussi agressives que les petites vieilles dans les bus (“c’est une place réservée ! dégagez !”). Certains sont piétinés, je crois qu’un autre perd un bras… Comment ? Hein ? J’exagère ? Oh, oui, bon, un petit peu, j’admets, mais pas tant que ça, vraiment. C’est un bordel monstre malgré les injonctions “Dans le calme ! Dans le calme, s’il vous plaît” de McGonagall.
Il est 14h et les cartons sont par terre. Chacun a sa pochette. Chacun contemple son planning. Et les profs font alors ce qu’ils savent faire de mieux : RALER !
“Oh, fait chier, ils m’ont mis 2 heures de cours le samedi, et toi ?”
“Ben moi ils me mettent un cours le mercredi de 16 à17, mais ça va pas être possible, hein, j’ai les enfants à aller chercher”
“Tu te rends comptes ce GRUYERE ?”
Pour votre information, le mot le plus employé par les profs, c’est celui là “gruyère”.
Une fois la partie ronchonnade passée, vient la deuxième phase de la distribution d’emploi du temps.
étape 2 : La vérité si j’mens
“Dis moi Patoune, les 2°5, ça te dérange pas si on échange l’heure de 12 à 13 du jeudi contre ton lundi 10 à 11? Ca t’arrange pas ? oh, je vois que tu t’en fous que je sois malade incurable et que j’ai besoin de prendre mes médicaments à des heures précises avec un repas…”
“Tu comprends, ma femme est enceinte et sa gynéco ne la prend que le vendredi après midi, donc il faut absolument que je puisse échanger mon 14-16 contre un autre jour.” (genre)
“bon, alors, je prends ton groupe de module de 1°S une semaine sur deux ce jour là, si tu prends mes Term L le jeudi de 8 a 9… Bon bon d’accord, le mercredi de 10 à 11, mais alors dans ce cas, là, je veux la salle 27 parce qu’il y a un rétro. Ecoute, ça me semble honnête, ou alors je te laisse la 27, mais tu me remplaces à mes permanences d’aide aux devoirs les lundi soirs. Ah bah écoute, il faut que j’y gagne aussi ! Bon allez, en plus, je t’offre un porte clefs SNES, mais je peux as faire plus !”
“Ah tu es d’accord pour changer cette heure, alors attends, je vais trouver Pierre pour essayer de lui faire décaler cette heure là, comme ça à la place je pourrai prendre mon groupe de TP et me dégager mon lundi matin, attends, je reviens !”
Des marchands de tapis… Un bordel monstre… Moi ils ont été 5 à vouloir m’arnaquer mais j’ai résisté vaillamment (ils me faisaient un peu peur avec leurs regards de sadiques, alors je me suis caché dans la cour, et j’ai fumé des cigarettes avec la dame du CDI qui se foutait de leurs gueules : “tu parles de connards… Ca a 50 ans, et ça vaut pas mieux que des gamins de maternelle. Regardes bien, Petit, tu vas vite devenir comme eux”. Moi j’ai juré que non, que je serais jamais comme eux, que je serai intègre et professionnel toute ma vie. Elle a rigolé, m’a passé la main dans les cheveux, et m’a dit, “oui, Petit, tu ne seras pas comme les 20 nouveaux qui arrivent ici tous les ans depuis 30 ans. Toi tu seras différent, j’en suis sûre”. Elle a regardé dans le vague, a jeté sa cigarette, et est partie rejoindre ses seuls amis, les livres
Dans le prochain épisode, je vous raconterai la troisième et dernière partie de ma pré rentrée : la réunion par matières (donc juste les profs d’anglais, en ce qui me concerne…)
* Si je vous dis la vérité, qu’il avait l’air d’être usagé (pas très anti-H1N1) et qu’il est tombé comme une merde, ça perd en poetique.
sur le formulaire de contact, les capchas (pour Valérie), et le thème, visiblement… Si qq1 veut participer et me dire si tout se passe bien, si c’est mieux…
parce qu’en fait, dans vos lettres d’amour, les accents et les caractères spéciaux que plus personne ne sait utiliser (“ç” par exemple) et bien ils étaient remplacés par des chaines de 8 caractères. Même l’héroïne du Da Vinci Code, elle réussirait pas à déchiffrer (déjà qu’elle a du mal avec les anagrammes, alors….)
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