Quand mon coloc sort de sa chambre et passe devant ma porte.
“Dis Alexandre, tu crois qu’ils feraient quelle tête tes élèves si je leur disais que tu chantes le générique des pokémons quand tu corriges leurs devoirs ?”
“hahaha, bah ils te croiront pas, je fais toujours genre je suis hyper cultivé quand je les ai en face de moi !”
“Oui, mais s’ils entendent la preuve que je viens d’enregistrer avec mon portable ?”
“Euh… (silence très très très gêné) Toute façon, tu les connais pas !”
“T’as des listes et des copies partout dans l’appart’, et je suis sûr qu’ils ont facebook…”
Du coup, je dois faire du jus de fruit frais et lui faire couler son café tous les matins pendant deux semaines… Connard…
On travaille sur la thématique de réaliser ses rêves coûte que coûte.
Alors j’ai décidé de les faire travailler sur une chansons, mais pas une chanson pourrie d’un livre de cours (ils trouvent ça naze)(moi aussi). Je pense que je vais leur montrer ce clip, et on fera une compréhension orale, demain, dessus.
Je trouve que les métaphores abordées sont intéressantes, même si très implicites. Enfin bon, quoi qu’il en soit, je leur ferai au moins connaître du bon son, et ce ne sera pas rien (notamment auprès d’un public qui doit écouter Christophe Maé ou Tokyo Hotel…
Quand j’ai dit au prof de sport (je vais l’appeler Donkey Kong, tiens), je reprends… Quand j’ai dit à Donkey qu’Océane la petite stagiaire d’italien voulait un gars qui serait capable de la plaquer au mur, j’étais persuadé qu’il le ferait pour tenter de m’humilier et de prouver qu’il m’était supérieur.
Je pensais aussi qu’assez logiquement, la petite lui en mettrait une bien méritée devant tout le monde, et que finalement, ce serait Donkey, l’humilié.
(Je sais, mouhahahaha (rire trop méchant), je suis MACHIAVELIQUE parfois)
Quelque part, j’ai bien cerné leurs caractères. Ils ne m’ont pas donné tort… Si ce n’est que…
Hier, récréation de 10h05. la scène : devant la salle des profs, dans le hall, les chiards sortent fumer leur cigarettes en braillant comme des veaux, Donkey papote avec la CPE, Je descend de l’étage avec mon magnétophone portable de 25 kilos, Océane franchit la porte principale, elle arrive au lycée.
Et là, tout s’accélère.
“Excuse moi, j’en ai pour deux secondes” dit Donkey à la CPE. Je bloque, j’observe, j’attends. Impatience. Océane le salue, il la prend par l’épaule, s’avance, les gamins commencent à se taire, il la fait reculer contre le mur, je souris, je m’amuse, les élèves ouvrent de grands yeux, puis, il ouvre la bouche. Il parle. Pourquoi ? Que dit-il ? Tout le monde l’entend prononcer cette phrase : “Désolé Océane, c’est BERNIQUE qui a parié 10€ comme quoi je ne pouvais pas le faire”. Il l’embrasse. Rapidement. Il se prend un claque. Mon visage est décomposé. Le regard de l’assistance passe d’eux à moi. Ils attendent la suite. Pas moi. Elle se dégage. S’avance vers moi. “Mais non Océane, c’est pas vrai !”. J’ai l’impression d’avoir 5 ans. Je ressens de l’injustice. Donkey me regarde à quelques mètres, goguenard.
Elle m’en a mis une. Sobrement, sans un mot. Puis, elle s’est tourné vers la foule incrédule, et leur a dit “voilà, encore une fois, la preuve que les hommes sont tous de grands débiles de 5 ans d’âge mental. Pathétique…”
Elle est rentrée dignement dans la salle des profs, et tout le monde (surtout les filles) m’a hué… (bon, d’accord, 2-3 imbéciles ont applaudi, mais c’était pas réconfortant).
Donkey est passé à côté et m’a dit “je t’ai niqué”. S’il faisait pas 20 cm de plus que moi, et n’avait pas la carrure de Schwarzenegger, je lui aurai mis la misère…
j’ai été voir mon collègue de sport, le crétin qui se prend pour le gars le plus beau de la Terre sous prétexte qu’il aurait pu jouer dans 300 vu son physique (pfff, trop superficiel le gars quoi !).
Je lui ai dit “tu sais la petite stagiaire d’Italien ? Je crois que tu avais raison, je me la ferai jamais…”
“Haha, ben il était temps que t’ouvres les yeux Kiki” (Kiki c’est à cause de mes cheveux que je n’ai pas été faire couper encore… Connard)
“Ouais, elle m’a dit que j’étais un peu trop bisounours, ce qu’elle aime, c’est les hommes, les vrais, ceux qui peuvent la plaquer contre un mur devant les élèves et l’embrasser comme ça, sans raison, juste parce qu’elle est désirable. Enfin bref, cette fille est pas pour moi”.
(Elle avais pas cours hier, donc j’attends d’aller à Perpète-le-Rivière avec impatience, aujourd’hui. Il va y avoir du sport !)
Ah et aussi, ce soir c’est mon premier conseil de classe. Je vais encore passer 3 heures à me décider sur la couleur de ma chemise…
Océane, la stagiaire d’italien, vient me voir ce matin, pendant que je fume ma clope . (Pour ceux qui suivent pas, c’est ma “target” mais en fait, elle croit que je suis gay)
- Oh salut Ragazza que je lui fais (un des seuls mots italiens qui ne soit pas une insulte dont je me souviens depuis mon voyage de classe à Rome en 3eme)
- Salut Bouchon (elle m’appelle comme cela depuis une semaine)
Moi je me dis “trop cool, si elle me donne un surnom, c’est qu’elle me kiffe peut être…”
On parle de tout de rien (surtout de rien, puisqu’on parlait de l’intelligence des élève de 2°6), puis, elle se gratte la tête, (genre “je change de sujet”, elle est trop mignonne quand elle fait ça) regarde en l’air et me dit :
- Un jour faudra que tu me dises comment tu fais pour aimer ça, moi j’ai toujours trouvé qu’une bite, c’était dégueulasse, alors qu’une bonne paire de seins, bien fermes, mais tendres… et le con… raaaaah… Tu sais pas ce que tu perds… Tiens ça sonne, bon à plus hein.
Je suis resté scotché, et ce sont mes élèves qui sont venus me chercher (“M’sieur Bernique, ouhouh, ça va ? On a cours, là, vous v’nez ?”).
Merci de votre soutien (et de la messe pour mon rétablissement).
Il faudrait que j’écrive plus, mais en ce moment, ma vie est tellement monotone.
Robert et sa copine Ludmilla joue les couples heureux rien que pour me frustrer (je m’en fous, je les fais chier en écoutant les Pussycat Dolls à fond dès qu’ils veulent se retrouver un peu seuls).
L’IUFM est toujours aussi chiant (je devient un pro aux mots fléchés)
Et les élèves sont tellement mous que je songe à leur faire boire 3 redbulls au début de chaque cours.
le mois dernier, je l’ai prévenu : “Ecoute, Robert (oui, j’ai failli refuser d’habiter avec à cause de son prénom très ringard), il faudra me promettre de ne jamais tomber sous mon charme. Je ne dis pas ça parce que je suis prétentieux, hein, mais parce que j’ai trop l’habitude”
“euh… Pas de problème, Alexandre… Je préfère les filles et je suis avec ma copine depuis trois ans, donc je pense que je saurai gérer la tension sexuelle.”
Ce soir, en rentrant de ses cours il m’a rappelé cette conversation.
“Oui, et alors ?” que je lui demande
“Ben là, je crois que je peux plus rien te promettre”
“ah ben flûte, je le savais ! C’est toujours la même chose !”
“Excuse moi, mais de te voir comme ça : allongé sur le canapé, tout transpirant de fièvre, ta couverture nouée autour de la taille arrivant à tes chaussettes, avec ton gilet en laine et ton écharpe autour du cou… Je n’en peux plus, tu es trop sexe”
Mais en fait, ces derniers jours, je suis TRES TRES TRES TRES malade (beaucoup de fièvre, et la gorge aussi irritée que si j’avais bu trois bouteilles de Destop).
Je me retrouve bloqué dans mon lit, sans rien pouvoir faire d’autre que regarder Gossip Girl. Je n’ai même pas assez d’énergie pour jouer à Aladdin sur ma super nes…